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FRANCAIS
L'histoire en tant que science et champ d'études est en pleine mutation. Grâce aux apports constants de l'archéologie, de la génétique, ainsi qu'à la confrontation avec d'autres sciences humaines (anthropologie, sciences sociales) ou "sciences dures" (démographie, biologie, statistiques) ce que l'on pensait acquis sur l'histoire et la généalogie des peuples est constamment enrichi et remis en question. Ce blog a pour objet d'informer sur certaines découvertes qui modifient (ou pourraient modifier) nos connaissances sur nos ancêtres, des premiers homo sapiens jusqu'à nos grands-pères...
ENGLISH
History as a science and a field of study is undergoing significant changes. Thanks to the contribution of archaeology, genetics, as well as exchanges with other human sciences (anthropology, social sciences) or "hard sciences" (demography, biology, statistics), historical and genealogical facts that were once considered to be established or "written in stone" are now being questioned, revised and enriched. The aim of this blog is to inform and discuss current discoveries that modify (or could modify) what we know about our ancestors, from the first homo sapiens to our grandfathers...
A replica skull of a Homo naledi: Various locations vie for the title of ‘cradle of mankind’ or the ‘source of humanity’, but new research says this is not the case. Photograph: Gulshan Khan/AFP/Getty Images
The origins of our species have long been traced to east Africa, where the world’s oldest undisputed Homo sapiens fossils were discovered. About 300,000 years ago, the story went, a group of primitive humans there underwent a series of genetic and cultural shifts that set them on a unique evolutionary path that resulted in everyone alive today.
However, a team of prominent scientists is now calling for a rewriting of this traditional narrative, based on a comprehensive survey of fossil, archaeological and genetic evidence. Instead, the international team argue, the distinctive features that make us human emerged mosaic-like across different populations spanning the entire African continent. Only after tens or hundreds of thousands of years of interbreeding and cultural exchange between these semi-isolated groups, did the fully fledged modern human come into being.
Dr Eleanor Scerri, an archaeologist at Oxford University, who led the international research, said: “This single origin, single population view has stuck in people’s mind … but the way we’ve been thinking about it is too simplistic.”
This continental-wide view would help reconcile contradictory interpretations of early Homo sapiens fossils varying greatly in shape, scattered from South Africa (Florisbad) to Ethiopia (Omo Kibish) to Morocco (Jebel Irhoud).
From L to R : Fossil skull of Homo neanderthalis, Homo antecessor, Homo sapiens and Homo erectus Photograph: Creativemarc/Getty Images
The telltale characteristics of a modern human – globular brain case, a chin, a more delicate brow and a small face – seem to first appear in different places at different times. Previously, this has either been explained as evidence of a single, large population trekking around the continent en masse or by dismissing certain fossils as side-branches of the modern human lineage that just happened to have developed certain anatomical similarities.
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The latest analysis suggests that this patchwork emergence of human traits can be explained by the existence of multiple populations that were periodically separated for millennia by rivers, deserts, forests and mountains before coming into contact again due to shifts in the climate. “These barriers created migration and contact opportunities for groups that may previously have been separated, and later fluctuation might have meant populations that mixed for a short while became isolated again,” said Scerri.
The trend towards more sophisticated stone tools, jewellery and cooking implements also supports the theory, according to the paper in the journal Trends in Ecology & Evolution.
Scerri assembled a multidisciplinary group to examine the archaeological, fossil, genetic and climate data together, with the aim of eliminating biases and assumptions. Previously, she said, scientific objectivity had been clouded by fierce competition between research groups each wanting their own discoveries to be given a prominent place on a linear evolutionary ladder leading to the present day. Disputes between rival teams working in South Africa and east Africa had become entrenched, she said.
“Someone finds a skull somewhere and that’s the source of humanity. Someone finds some tools somewhere, that’s the source of humanity,” she said, describing the latest approach as: “‘Let’s be inclusive and construct a model based on all the data we have available.”
The analysis also paints a picture of humans as a far more diverse collection of species and sub-populations than exists today. Between 200,000 and 400,000 years ago, our own ancestors lived alongside a primitive human species called Homo naledi, found in southern Africa, a larger brained species called Homo heidelbergensis in central Africa and perhaps myriad other humans yet to be discovered.
L’exposition « Neandertal » qui s’ouvre au Musée de l’homme, à Paris, nous confronte à une autre humanité, lointaine dans le temps et proche cependant.
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | • Mis à jour le | Par Pierre Barthélémy
Elle s’appelle Kinga. Elle porte un élégant cardigan bleu roi, un pantalon noir et des baskets en cuir blanc. La chevelure libre, les yeux clairs, le visage constellé de taches de rousseur. Un sourire plisse légèrement ses joues et lui donne un air sympathique. Si vous la croisiez dans le métro, vous ne la remarqueriez sans doute pas plus que certains autres usagers de la RATP.
Pourtant, Kinga est une jeune femme à nulle autre pareille, car il s’agit d’une néandertalienne. Ou plus exactement de la reconstitution très réaliste d’une néandertalienne, œuvre de la paléo-artiste Elisabeth Daynès. Kinga va accueillir les visiteurs à l’exposition « Neandertal » qui ouvre ses portes le 28 mars au Musée de l’homme, à Paris, et il y a fort à parier que beaucoup viendront planter leurs yeux dans les siens. Pour se confronter à une autre humanité, si lointaine dans le temps, si proche cependant.
Si lointaine, car il y a environ 35 000 ans que Neandertal a disparu après avoir été, pendant des milliers de siècles, le résident de l’ouest du continent eurasiatique. Si proche à cause de cette ressemblance physique, de l’évident lien de parenté qui nous unit, nous Homo sapiens, à notre cousin éteint, du miroir que ce dernier nous tend, de sa manière silencieuse de nous demander ce qui fait de nous des humains et de la place qu’il tient. Il faut dire que, de ce point de vue, Neandertal part de très loin.
Lorsqu’il est découvert en 1856 dans la vallée de Neander, en Allemagne, il est le premier homme fossile à ressurgir du passé. Tous deux préhistoriens et commissaires scientifiques de l’exposition, Pascal Depaepe, directeur régional des Hauts-de-France à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), et Marylène Patou-Mathis, directrice de recherches au CNRS, rappellent qu’« on est alors dans un contexte de créationnisme. Comme Neandertal n’a pas l’apparence d’un humain moderne, avec son crâne allongé vers l’arrière, son absence de menton et son bourrelet suborbital qui lui fait comme une visière, on va le traiter de pathologique et de crétin. »
« Parmi les premières représentations de lui, on accentue les caractères simiens. Un des extrêmes est le dessin fait par l’artiste tchèque Frantisek Kupka, qui paraît dans L’illustration, en 1909, où on voit une espèce de singe velu à l’air agressif qui se tient à l’entrée d’une grotte, une massue ou un fémur à la main, avec un crâne par terre donnant l’impression qu’il a sûrement boulotté un de ses copains », poursuivent-ils.
L’époque est alors dominée par deux grands paradigmes qui vont se transposer dans l’image que l’on se fera de Neandertal. « Il y a tout d’abord la racialisation, l’idée de classer et de hiérarchiser les races humaines, explique Marylène Patou-Mathis. La deuxième chose, c’est une vision d’un progrès unilinéaire dans l’évolution de l’humanité. Tout ce qui est avant est forcément moins bien que tout ce qui est maintenant. Et plus vous faites des différences avec les autres, plus vous vous valorisez : il fallait donc mettre toutes les tares sur le dos de Neandertal en prétendant qu’il était cannibale, qu’il n’avait pas de langage, qu’il n’enterrait pas ses morts, que c’était un charognard qui ne chassait pas. Les découvertes postérieures ont fait tomber ou nuancé beaucoup de ces critères, mais on voit bien qu’ils avaient été posés pour faire valoir la notion de progrès. »
Le chercheur français ne se prive pas de raconter une anecdote édifiante à ce sujet : « C’était il y a une douzaine d’années. Dans une de ses conférences, le paléoanthropologue américain Richard Klein, de l’université Stanford, avait mis un crâne néandertalien sur une de ses diapositives et il a dit : “Si, en montant dans un avion, je voyais que le pilote a cette tête-là, je ne sais pas vous, mais moi je redescendrais de l’avion…” » Ludovic Slimak se remémore aussi une conversation avec un collègue russe, Pavel Pavlov, dont le jugement sur les néandertaliens se résume à un lapidaire : « Ils n’ont pas d’âme. »Alors qu’Homo neanderthalensis et Homo sapiens sont deux lignées issues du même tronc, qui se sont séparées il y a environ 700 000 ans pour vivre leur destin chacune de son côté, la première en Eurasie, la seconde en Afrique, Neandertal est donc, dans un premier temps, considéré comme un prédécesseur de l’homme moderne et forcément plus primitif que lui… Il transportera longtemps – et continue parfois encore de transporter – l’image d’une brute épaisse, due à une impressionnante robustesse physique. Ainsi que le souligne Ludovic Slimak, chercheur au CNRS et spécialiste des sociétés néandertaliennes, « ses traits archaïques sont flagrants, et cela empêche certainement certains scientifiques de regarder Neandertal avec la plus grande objectivité ».
Pourtant, au cours des dernières décennies, les découvertes scientifiques ont profondément remanié l’image que l’on se faisait de Neandertal. Marylène Patou-Mathis, qui travaille beaucoup sur les comportements de subsistance, cite ainsi ces « travaux qui ont clairement mis en évidence que, même s’ils mangeaient beaucoup de viande de mammifères terrestres, les néandertaliens consommaient aussi des fruits de mer, des oiseaux, des phoques échoués, des poissons plus qu’on ne le pensait. Surtout, grâce aux recherches menées sur le tartre dentaire, on a vu de la consommation de végétaux. C’est intéressant, parce que l’image de Neandertal en train de manger de la barbaque saignante n’est pas la même que celle de Neandertal mangeant des galettes de graminées sauvages cuites… »
La préhistorienne évoque également « les découvertes montrant la consommation de plantes médicinales par des personnes souffrant de certaines pathologies », mais aussi l’utilisation de pigments, la collecte de plumes et de serres de rapaces qui ont pu servir d’ornements corporels ou vestimentaires, voire d’objets rituels. Les chercheurs ont en effet, et depuis longtemps, révélé des comportements autres que de subsistance, décrivant par exemple des dizaines de sépultures de la Charente-Maritime à l’Ouzbékistan ou des formes graphiques simples. On a également mis en évidence l’entraide et la solidarité dont les néandertaliens devaient faire preuve, que ce soit pour chasser ou pour soutenir des membres du groupe affaiblis par une blessure ou un handicap. Petit à petit, la recherche a rapproché les comportements néandertaliens de ceux des Homo sapiens vivant à la même époque. Parti d’une position extrême – l’homme-singe fruste et brutal –, le balancier s’est déplacé avec constance vers l’idée d’une ressemblance forte entre les deux groupes.
Et c’était compter sans la découverte majeure de ce début de XXIe siècle, la preuve génétique qu’il y a eu des croisements avec descendance fertile entre les deux populations. Une trouvaille qui pose la question suivante : Homo sapiens et Neandertal ne sont-ils pas membres de la même espèce puisqu’ils se reproduisaient entre eux ? Et si eux, c’était nous ? Pour Jean-Jacques Hublin, titulaire de la chaire de paléoanthropologie au Collège de France, « savoir si Neandertal est oui ou non une autre espèce est un peu de la rhétorique : définir ce qu’est une espèce est compliqué. La spéciation est un processus et non pas un événement : on ne se réveille pas un matin en étant une autre espèce. Cela prend des centaines de milliers d’années, voire des millions d’années chez des mammifères de taille moyenne. Il faut plutôt voir ces groupes comme des espèces en formation qui n’ont jamais atteint l’isolement reproductif complet. On a d’ailleurs des soupçons sur la fécondité des hybrides mâles ».
Comparaison d’un crâne « Homo sapiens » (à gauche) et néandertalien, Musée d’histoire naturelle de Cleveland. DRMIKEBAXTER / CC BY-SA 2.0
A trop vouloir réhabiliter Neandertal, déconstruire l’image déplorable qu’il traîne comme un boulet depuis le XIXe siècle, ne l’a-t-on pas trop rapproché de nous ? Le balancier est-il allé trop loin dans l’autre sens ? Jean-Jacques Hublin le pense : « On est très facilement enclin à souligner les travers de nos prédécesseurs, en se moquant de la vision simiesque qu’ils avaient de l’homme de Neandertal, dont on sait maintenant que c’était un hominine à grand cerveau doté de techniques et de comportements complexes, mais je suis également sûr que, dans cinquante ans, on rira ou on sourira de la façon dont aujourd’hui on veut faire de Neandertal un être pacifique, écolo… Il y a une projection des fantasmes de chaque époque sur le passé. On l’habille des préoccupations du présent. »
Neandertal nous tend un miroir. En raison de sa proximité, parler de lui, c’est aussi parler de nous, du regard que nos sociétés jettent sur la préhistoire et sur nos origines. Ce cousin éteint dit aussi des choses révélatrices sur… ceux qui l’étudient. Comme l’explique Ludovic Slimak, le débat sur Neandertal met en lumière deux courants de la paléoanthropologie : « Le premier, qui est un courant plutôt latin, tend à dire et à essayer de montrer que les néandertaliens ont été victimes de leur faciès, mais qu’ils sont comme nous. L’autre courant est plutôt anglo-saxon. Il s’en tient plus à une approche biologique de Neandertal, et la notion de culture néandertalienne telle qu’on la perçoit dans la recherche française est moins développée. Il est d’ailleurs marquant que, pour les Anglo-Saxons, le mot “human” soit strictement réservé à Homo sapiens… »
Ludovic Slimak le reconnaît volontiers : « Cela fait vingt-cinq ans que je travaille sur Neandertal avec les mains dans le cambouis, quatre mois par an sur des fouilles, je connais intimement son artisanat, son mode de vie, mais je ne sais toujours pas qui il est. » Pour ce chercheur, il est vain de se bagarrer sur tel ou tel type de production qui serait le propre de l’homme moderne et dont les Néandertaliens seraient incapables. « A chaque fois qu’on affirme cela, on peut être sûr que, dans les années qui suivent, une équipe montrera que Neandertal le faisait aussi… Il faut l’aborder de manière structurelle et se demander s’il existait chez lui une manière de voir le monde, de se comporter, qui lui était propre. » Malheureusement, Neandertal n’a pas laissé ses Mémoires, et il faut bâtir cette éthologie à partir des vestiges qui sont parvenus jusqu’à nous, essentiellement de la pierre taillée… Mais c’est justement là que Ludovic Slimak décèle une différence structurelle entre Neandertal et Homo sapiens, lorsque les deux populations avaient des connaissances techniques similaires : « Si vous regardez des outils de silex de sapiens contemporains, une fois que vous en avez vu dix, vous allez vous ennuyer pendant des années parce que les 100 000 suivants seront tous les mêmes. Ce qui n’existe pas chez Neandertal, c’est cette standardisation. Quand vous voyez un de ses produits finis, chaque objet est magnifique et unique, une création, un univers en soi. Là, on est au cœur de la bête : c’est révélateur d’un univers mental qui ne semble pas le même, d’une autre manière de s’inscrire au monde, de penser le monde. Ces divergences-là ne sont ni techniques ni culturelles, et on peut ici proposer que l’encéphale ne fonctionne pas de la même manière. »
Depuis sa découverte, décrire Neandertal, c’est aussi dessiner notre portrait en creux et interroger notre rapport à l’altérité. « Les hommes s’évertuent à se définir par rapport au reste du monde vivant, rappelle Jean-Jacques Hublin. Il y a une sorte de fossé mental qu’on installe entre les hommes et les animaux. Quand on est évolutionniste, on sait que c’est une fiction, que ce fossé n’existe pas vraiment puisque nous sommes issus du monde animal. La question qu’on se pose avec Neandertal, c’est : quelle est la limite de l’humain ? Qu’est-ce qu’on va appeler les hommes ? Les néandertaliens sont très près de ce fossé. Ils étaient de l’autre côté pendant longtemps, et on les a maintenant fait passer de notre côté. Du coup, tous les attributs de l’humanité s’appliquent à eux brutalement, dans un contexte idéologique de lutte contre le racisme, la ségrégation, la discrimination, etc. La difficulté, pour nous humains, c’est de concevoir un homme qui ne soit pas comme nous. Sitôt qu’on reconnaît un être comme un homme, inexorablement on l’inclut dans notre communauté humaine et il devient comme nous, en tout. »
Voilà peut-être pourquoi on met des baskets à Kinga. Pourquoi on se demande si on la remarquerait dans le métro… Il nous est pour ainsi dire impossible de ne pas essayer de nous projeter en Neandertal, tout comme il est impossible de ne pas songer à un pachyderme quand on vous ordonne « Ne pensez pas à un éléphant ! » Ce rapport si particulier avec les formes humaines du passé tient peut-être au fait qu’aucun autre Homo n’a survécu. « Aujourd’hui, sur Terre, rappelle Jean-Jacques Hublin, il n’existe qu’une forme humaine, qui s’est répandue sur la planète récemment à l’échelle des temps géologiques. Pour nous, c’est l’ordre naturel des choses. Mais c’est une réalité très récente. Auparavant, il y avait toujours eu plusieurs formes d’hominines en même temps. Cela fait moins de 40 000 ans que nous sommes tout seuls, et c’est pour cette raison que j’ai intitulé un de mes cours au Collège de France “L’espèce orpheline”. » Le paléoanthropologue y voit d’ailleurs la raison de notre fascination pour Neandertal… et les extraterrestres : « Ils nous permettent de nous sentir moins seuls… »
Ever since the days of Homer, Greeks have long idealized their Mycenaean “ancestors” in epic poems and classic tragedies that glorify the exploits of Odysseus, King Agamemnon, and other heroes who went in and out of favor with the Greek gods. Although these Mycenaeans were fictitious, scholars have debated whether today’s Greeks descend from the actual Mycenaeans, who created a famous civilization that dominated mainland Greece and the Aegean Sea from about 1600 B.C.E. to 1200 B.C.E., or whether the ancient Mycenaeans simply vanished from the region.
Now, ancient DNA suggests that living Greeks are indeed the descendants of Mycenaeans, with only a small proportion of DNA from later migrations to Greece. And the Mycenaeans themselves were closely related to the earlier Minoans, the study reveals, another great civilization that flourished on the island of Crete from 2600 B.C.E. to 1400 B.C.E. (named for the mythical King Minos).
The Lion Gate was the main entrance to the Bronze Age citadel of Mycenae, the center of the Mycenaean civilization.
RnDmS/iStockphoto
The ancient DNA comes from the teeth of 19 people, including 10 Minoans from Crete dating to 2900 B.C.E. to 1700 BCE, four Mycenaeans from the archaeological site at Mycenae and other cemeteries on the Greek mainland dating from 1700 B.C.E. to 1200 B.C.E., and five people from other early farming or Bronze Age (5400 B.C.E. to 1340 B.C.E.) cultures in Greece and Turkey. By comparing 1.2 million letters of genetic code across these genomes to those of 334 other ancient people from around the world and 30 modern Greeks, the researchers were able to plot how the individuals were related to each other.
The Mycenaeans did have an important difference: They had some DNA—4% to 16%—from northern ancestors who came from Eastern Europe or Siberia. This suggests that a second wave of people from the Eurasian steppe came to mainland Greece by way of Eastern Europe or Armenia, but didn’t reach Crete, says Iosif Lazaridis, a population geneticist at Harvard University who co-led the study.
This dancing Minoan woman from a fresco at Knossos, Crete (1600–1450 B.C.E.), resembles the Mycenaean women (above).
Wolfgang Sauber/Wikimedia Commons
Not surprisingly, the Minoans and Mycenaeans looked alike, both carrying genes for brown hair and brown eyes. Artists in both cultures painted dark-haired, dark-eyed people on frescoes and pottery who resemble each other, although the two cultures spoke and wrote different languages. The Mycenaeans were more militaristic, with art replete with spears and images of war, whereas Minoan art showed few signs of warfare, Lazaridis says. Because the Minoans script used hieroglyphics, some archaeologists thought they were partly Egyptian, which turns out to be false.
When the researchers compared the DNA of modern Greeks to that of ancient Mycenaeans, they found a lot of genetic overlap. Modern Greeks share similar proportions of DNA from the same ancestral sources as Mycenaeans, although they have inherited a little less DNA from ancient Anatolian farmers and a bit more DNA from later migrations to Greece.
The continuity between the Mycenaeans and living people is “particularly striking given that the Aegean has been a crossroads of civilizations for thousands of years,” says co-author George Stamatoyannopoulos of the University of Washington in Seattle. This suggests that the major components of the Greeks’ ancestry were already in place in the Bronze Age, after the migration of the earliest farmers from Anatolia set the template for the genetic makeup of Greeks and, in fact, most Europeans. “The spread of farming populations was the decisive moment when the major elements of the Greek population were already provided,” says archaeologist Colin Renfrew of the University of Cambridge in the United Kingdom, who was not involved in the work.
The results also show it is possible to get ancient DNA from the hot, dry landscape of the eastern Mediterranean, Renfrew says. He and others now have hope for getting DNA from groups such as the mysterious Hittites who came to ancient Anatolia sometime before 2000 B.C.E. and who may have been the source of Caucasian ancestry in Mycenaeans and early Indo-European languages in the region. Archaeologist Kristian Kristiansen of the University of Gothenburg in Sweden, who was not involved in the work, agrees. “The results have now opened up the next chapter in the genetic history of western Eurasia—that of the Bronze Age Mediterranean.”
Pour fêter la naissance de mon fils Laris le 21 mars dernier, voici un de mes articles paru dans la revue "Nord Généalogie" de mars 2017
Grâce à
l’ascendance publiée par Jean Castelain dans Nord Généalogie numéro 176 de 2002, un certain nombre de
généalogistes, dont moi-même, se sont découverts un rattachement à des familles
du patriciat yprois et brugeois, ainsi que de la petite noblesse flamande, au
travers des ancêtres de la famille de Wulf dont une membre, Jossine, s’allia
vers 1600 avec Nicolas Legay, rewart de La Bassée (descendance dans de
nombreuses communes des Weppes et à Steeenwerck notamment). L’un des rameaux de
cette ascendance avait été mis à jour par Rik Castelain (sans lien de parenté
avec Jean Castelain), et publié dans un article de 1988[1].
Rik Castelain avait étudié les diverses familles qui avaient possédé le fief de
Bellegem[2]
et il parvenait au couple Jean van Outryve, chevalier et seigneur d’Outryve[3]
décédé vers 1371, et son épouse Aelis Mouton. Je m’attarderai un peu plus bas
sur Jean van Outryve et sa famille, mais celle qui m’intéresse principalement dans
le cadre de cet article est son épouse, Aelis Mouton.
Dans un article précédent, publié
dans le numéro 220 de Nord Généalogie[4],
j’avais déjà pu apporter une identification plus précise d’Aelis et des compléments
d’ascendance la concernant, sur la base de travaux très référencés de Paul-Armand du Chastel de la Howarderie, principalement son
étude de 1903 « Les Mouton à
Tournai : généalogie, notes et fragments généalogiques », et
l’article « Généalogie de la famille
tournaisienne Mouton »[5]
Dans cette ascendance
reconstituée par Chastel de la Howarderie, j’avais noté avec intérêt le
patronyme de Jehanne de le Vingne, épouse de Jaquemes Mouton et arrière-grand-mère
paternelle d’Aelis Mouton. En effet, je savais que la famille de le Vingne
avait exercé un droit exclusif de monnayage à Tournai et se l’était transmis de
père en fils sur plusieurs générations, devenant ainsi l’une des trois familles
les plus importantes de la ville avec celle des châtelains et celle des avoués.
Le statut social de Jaquemes Mouton, prévôt de Tournai à trois reprises entre
1277 et 1280, pouvait amplement justifier une alliance avec la famille de le
Vingne, d’autant que cette dernière avait légèrement perdu de son lustre depuis
la décision de Philippe Auguste en 1202 de lui retirer l’exclusivité de ce
droit de monnayage qui avait constitué la base de son rayonnement, et qui fut
désormais étroitement encadré.
Le roi de France, qui
avait pris possession de la ville en 1187, estimant que le droit de monnayage
était un droit souverain et n’appartenait donc pleinement qu’à lui seul, exigea
d’Everard de le Vingne qu’il lui abandonnât le tiers des droits de
seigneuriage, c’est-à-dire des profits que pouvait rapporter la frappe
monétaire. Everard de le Vingne, son « vassal » (homo noster dans l’acte de 1202), et ses successeurs pourraient
continuer à diriger l’exploitation de l’atelier mais ils ne pourraient
désormais plus fabriquer de pièces d’une valeur supérieure à une maille (la
moitié d’un denier, ailleurs appelée obole), et si la fabrication laissait un
déficit, ils seraient les seuls à le supporter. Ces clauses restrictives eurent
pour effet de rendre bientôt non-rentable la fabrication monétaire à Tournai,
et de réduire à néant le privilège dont jouissaient les de le Vingne depuis
plus de deux siècles. Il ne semble pas en effet qu’on ait frappé des monnaies à
Tournai après 1202, ce qui était bien entendu le résultat que recherchait
Philippe Auguste.
Mon intuition me disait
qu’il y avait peut-être encore matière à progresser sur l’ascendance de Jehanne
de le Vingne mais il me fallait trouver des informations plus détaillées sur
cette famille. Un ouvrage s’imposait comme source prioritaire : en 1968 François
de Cacampavait
publié une synthèse quasiment exhaustive de cette famille au Moyen Âge[6],
sur la base des travaux de plusieurs érudits qui avaient dépouillé des milliers
de documents relatifs aux de le Vingne[7] avant la
destruction des archives de Tournai en 1940. L’achat de cet ouvrage très
référencé me confirma que mon intuition était bonne. Jehanne se rattachait bien
à cette grande famille et son ascendance nous faisait faire un bond de plus de
deux siècles.
Certes, François de
Cacamp avait l’honnêteté d’apporter le bémol suivant : « la filiation
de dame Jehanne de le Vingne n’est pas établie en toute certitude » car,
en effet, il n’y a pas de document original qui ait été relevé où Jehanne serait
spécifiquement mentionnée comme fille de Everard III de le Vingne. Le faisceau
d’indices lui avait néanmoins semblé suffisamment concordant pour qu’il fasse
figurer Jehanne parmi les enfants de ce dernier, dans l’étude comme dans le
tableau généalogique joint.
Mon opinion rejoint
celle de François de Cacamp. Il n’y a pas de preuve formelle, il est donc
important de le signaler comme tel. Néanmoins toute personne pratiquant la
généalogie sait que dans un certain nombre de cas (dont le pourcentage augmente
exponentiellement plus on remonte dans le temps), les filiations deviennent
affaire de faisceau d’indices concordants et d’intime conviction. Il n’y a
souvent plus d’acte filiatif formel mais une forte présomption qui doit être
signalée comme telle, et dont la subjectivité apparente ne doit pas pour autant
bloquer les recherches.
Dans le cas qui nous
concerne, il est tout à fait vraisemblable que Jaquemes Mouton, représentant de
l’élite montante, noue une alliance profitable avec une représentante de la
vieille élite en perte de vitesse. Un schéma absolument classique qui se répètera
d’ailleurs entre les deux mêmes familles deux générations plus bas.
La filiation entre les
trois Everard de le Vingne et leurs prédécesseurs Gossuin et Thierry surnommés
tous les deux « le monétaire » (voir plus bas) est d’ailleurs elle-même
basée sur un faisceau d’indices concordants, dont le principal est la détention
de ce droit exclusif de monnayage à Tournai.
L’ascendance d’Aelis
Mouton se présente donc comme suit :
1.
Aelis MOUTON, majeure en 1349 où
elle est déjà mariée à Jean van OUTRYVE, dont six enfants
2. Jaquemes dit Baucant MOUTON, échevin de
Saint-Brice, et probablement également prévôt de Tournai, +avant
septembre 1342 (teste paroisse Saint-Brice le 01/03/1339) Epouse avant 1324
3. Aelis NAICURE
4. Gilles MOUTON, conseiller de Tournai, échevin
de Saint-Brice et probablement prévôt de Tournai, + entre novembre 1331 (testament) et
octobre 1332. Epouse
5. N.. BUCHIAU (ou BUCIAU), décédée avant
février 1305
8. Jaquemes MOUTON, prévôt de Tournai et
échevin de Saint-Brice, + entre janvier 1310 (testament) et 1314. Avec son
épouse Jehanne, furent enterrés dans la chapelle des Mouton en l’église
Saint-Brice, sous un sarcophage conservé encore au début du XXe siècle au musée
de la halle aux draps de Tournai. Epouse
9. Jehanne DE LE VINGNE, + avant janvier
1310
10.
Colart BUCHIAU, probablement de la
famille de Jean BUCHIAU, 54e évêque de Tournai de 1261 à 1266
16.
Watier MOUTON, juré de Tournai, +
entre mars 1266 (où il teste en la paroisse Saint-Brice) et 1280, x2
Jehanne DUMORTIER (sa première épouse, mère de Jaquemes, est inconnue)
18.
Everard III de le VINGNE,
« homme noble », décédé probablement avant 1233
32.
probablement Brice (ou Bricion) DE LE
BRUIERE dit Mouton, échevin de Saint-Brice à Tournai à partir de 1220.
Epouse
33.
Juliane. A son sujet Chastel de la
Howarderie écrit « on lit dans un chirographe de novembre 1256 que cette
dame était mère de Watier Mouton lequel avait déjà pour fils Jakemes »
36.
Everard II de le VINGNE, décédé vers
1200. Au sujet de son épouse potentielle de Cacamp écrit « on peut
supposer qu’il aurait épousé une fille d’un seigneur de Marquain, car Everard
III, son fils aîné, fut seigneur de ce village. Au XIIe siècle le principal
seigneur de Marquain n’est autre que le châtelain de Tournai en personne, et ce
n’est pas sans raison que plusieurs auteurs ont considéré la famille de le
Vingne comme directement apparentée à celle des châtelains » (NDLR la
famille des Radoul, seigneurs de Mortagne et châtelains de Tournai)
72.
Everard I « le Monétaire » dit
de le Vingne (de Vineã), surnom
attesté à partir de 1151. Décédé probablement vers 1166. Au sujet de sa
filiation, de Cacamp écrit « la première mention de ce personnage est de
1145. Il est cité dans une charte comme fils de Gossuin, homme lige de l’évêque
et possesseur du fief de la Maïère de Tournai, comme ayant donné son
consentement au don que l’évêque Simon fit à l’abbaye de Saint-Nicolas des Près
d’une maïère par semaine. Si l’on considère que la Maïère et les droits qui en
résultaient étaient un fief tenu de l’évêque et que ce fief fut en possession
de Tetbert puis de son frère Thierry le Monétaire, que Thierry laissa un fils
Gossuin et qu’Everard, fils de Gossuin dit de le Vingne, fut également
monétaire, on ne peut douter de la filiation que nous donnons ci-après. Tous
les historiens qui ont étudié le Tournai médiéval, jusqu’à Paul Rolland, l’ont
d’ailleurs reconnu ».
144.
Gossuin « le Monétaire »,
cité avec son père dans deux actes de 1119 et 1123. Décède avant 1145. Epouse
145.
Sarre d’AVESNES
288.
Thierry « le Monétaire »,
chevalier au service de l’évêque de Tournai, frère de Tetbert et Raoul d’Osmont.
Hériman, dans sa chronique[10],
précise qu’il était l’homme le plus riche de la ville de Tournai (selon toute
probabilité en numéraire mais pas comme propriétaire foncier). De Cacamp écrit
également « le rang que tenaient les trois frères à Tournai vers la fin du
XIe siècle ne le cédait à personne, si ce n’est au châtelain Everard I, ancêtre
de la lignée des Radoul, et à l’avoué Fastré ». Thierry est mort
probablement après 1130
290.
Fastré d’AVESNES, avoué de Tournai
et seigneur d’Avesnes. Décédé après 1111. Epouse
291.
Richilde, décédée après 1111
576.
N. d’OSMONT ( ?) A son sujet, de
Cacamp écrit « on ignore le nom du personnage qui fut le père de Tetbert,
de Raoul et de Thierry, mais il y a tout lieu de supposer qu’il joignait à des
charges honorables dans la Cité, la qualité de maire domanial héréditaire de
Kain, domaine de l’abbaye lotharingienne de Cornelismunster, et qu’il épousa la
fille d’un monétaire tournaisien du XIe siècle ».
Se basant sur Hériman,
de Cacamp suggère que les trois frères, Tetbert, Raoul et Thierry, seraient les
descendants d’un des chevaliers de Noyon amenés avec lui par Foucher, évêque de
Noyon, lorsqu’il prit également possession du siège épiscopal de Tournai en
954.
580.
Fastré d’OISY( ?), avoué de
Tournai, mort autour de 1092. A propos de son origine de Cacamp écrit « aucun document à notre connaissance ne
lui donne de nom de famille et les affirmations de certains auteurs selon
lesquelles il serait issu de la maison d’Oisy ne nous ont pas convaincu. Comme
les ancêtres paternels des de le Vingne, Fastré était sans doute le descendant
d’un des chevaliers noyonnais introduits à Tournai par Foucher. Hériman assure
que l’évêque avait donné l’avouerie à l’un d’eux ». Epouse
581.
Ide d’AVESNES
1162.
Wedric d’AVESNES, sire d’Avesnes et
de Leuze[11],
mort en 1066 (1076 ?)
LA FAMILLE DE JEAN VAN OUTRYVE
Même
si la famille van Outryve ne dispose pas d’une ascendance aussi lointaine que
celle de la famille Mouton, elle n’est pas dénuée d’intérêt pour autant…
Comme
mentionné précédemment, Jean et Aelis Mouton avaient eu six enfants. Parmi
ceux-ci mon ancêtre Richard avait eu une carrière administrative intéressante.
On le retrouve en effet bailli de Douai en 1381[12],
et encore en 1383 ou 1384. Puis il sera également bailli d’Ypres du 24/10/1386
au 08/05/1390[13].
Il n’était pas rare pour les rejetons de familles de petite noblesse de mener
une carrière administrative au service du comte pour accéder à un statut social
plus élevé. Cette « vocation administrative » avait souvent un
caractère familial, de père en fils ou, dans le cas des van Outryve, d’oncle en
neveu, puisque l’oncle de Richard (et frère de Jean), Roger van Outryve, fut
également bailli d’Alost entre le 20/09/1367 et le 07/01/1368, bailli d’Ypres
au moins le 30/03/1369 et enfin bailli de Gand du 08/01/1375 au 05/09/1379,
date à laquelle il fut assassiné par les Gantois révoltés.[14]
On
ne connaît pas les parents de Roger et Jean, et l’hypothèse qui circule au
travers de plusieurs publications (et également sur internet) selon laquelle
ils seraient fils de Jean et N.. de POTTES, est rejetée par Rik Castelain dans
plusieurs de ses articles[15].
[1] Rik
Castelain, Enkele lenen in Bellegem
en Outryve. XVIe en XVe eeuw, De Leiegouw. avril 1988
[3]
Aujourd’hui Outrijve, section de la commune d’Avelgem
[4]
Antoine Barbry, Une nouvelle lignée vers
la bourgeoisie et la noblesse flamande, Nord Généalogie numéro 220.
novembre 2011
[5] In
Annales de la société historique et archéologique de Tournai. Nouvelle série,
tome 7. 1902
[6]
François de Cacamp, Recherches sur les de
le Vingne à Tournai depuis le XIe siècle, Recueil de l’Office généalogique et héraldique
de Belgique XV. 1968
[7]
Principalement les relevés effectués par l’archiviste Vandenbroeck, dans les
années 1860, et par le baron Maurice Houtart (dont la mère était une de le Vingne)
au début du XXe siècle.
[8]
Possible parenté : sept-dec 1338 (1328?) B 767 dans
l'inventaire des archives civiles série B de lachambre des comptes de Lille: Les hommes de fief du comte de Hainaut
certifient avoir été présents lorsque le prévôt et les échevins de Valenciennes
ont déclaré que la remise des biens de Colart Naicure bourgeois (NDLR de
Valenciennes), condamné pour homicide, à eux faite par ledit comte, ne lui
portera pas préjudice(…)
[9]
Possible parenté : Hues de le Bietune, échevin de Tournai
en1241
[10]Historiae Tornacenses, ed. WAITZ dans Monumenta Germaniae historica, Scriptores,
XIV
Sur la chaîne YouTube « Confessions d’histoire », des acteurs dirigés incarnent des personnages historiques tels que Jules César, Vercingétorix ou encore Aliénor d’Aquitaine. "Confessions d'histoire"Jeune doctorante en histoire qui relooke les stars de la mythologie, personnages inspirés de l’humour Kaamelott (série télévisée sur la légende arthurienne) défilant dans un confessionnal de téléréalité, professeur beau gosse ironique qui aborde néanmoins des sujets sérieux... Les chaînes d’histoire se sont multipliées depuis 2014 sur la plateforme de vidéos YouTube, s’inscrivant dans le même mouvement que les chaînes de vulgarisation scientifique (« E-penser » ou « DirtyBiology »), littéraire avec les « booktubeuses » et philosophique (« Coup de phil »). Professeurs, étudiants ou encore amateurs se mettent ainsi en scène pour raconter l’histoire, la vulgariser, la rendre sexy.
« C’est une tendance forte qui se confirme en France. Depuis quatre ans, les contenus d’éducation ont émergé sur YouTube et ont rencontré très rapidement leur public, même les chaînes qui ont des sujets de niche. Il existe aussi des chaînes outre-Atlantique mais on peut dire que cet engouement est une spécificité française », explique Charles Savreux, responsable de la communication de YouTube France.
Benjamin Brillaud, créateur de la chaîne Nota Bene en 2014, peut désormais compter sur plus de 438 000 abonnés. Ce ne sont pas les dix millions d’abonnés de l’humoriste Cyprien, mais il s’agit des mêmes codes : humour, dérision, détournement et interactivité via les commentaires des « viewers », ces spectateurs de YouTube.
« L’histoire,ça peut être chiant, je tenterai de vous transmettre ma passion à travers des anecdotes toujours plus croustillantes les unes que les autres, et sans vous gaver de dates », annonce en toute transparence Benjamin Brillaud dans la bande-annonce de sa chaîne, qui veut se démarquer du ton professoral. « L’histoire qui fonctionne et qui attire, c’est l’histoire anecdotique, pas l’histoire problématiséetelle qu’elle est pratiquée par les historiens », confirme Julia Bellot, auteure d’un dossier sur ce sujet pour le magazine L’Histoire.
Vidéos parfois utilisées en classe
Comme Benjamin Brillaud, Ugo Bimar n’est pas historien de formation. Il est l’auteur d’une websérie humoristique « Confessions d’histoire »qui parodie l’émission de téléréalité de TF1 « Confessions intimes ». Dans une interview, l’auteur affirme que dans ses vidéos, rien n’est inventé, « tout est sourcé ». « Lorsqu’il y a des sources contradictoires, c’est simple, je prends celle qui me fait le plus marrer. » Quitte à perdre sa crédibilité ? « Cette chaîne se différencie car elle s’éloigne des codes internet et parodie ceux de la télévision. L’auteur n’en fournit pas moins un travail de source très sérieux », juge Julia Bellot.
Un travail qui peut être parfois utilisé en classe par les professeurs. Karl Zimmer, enseignant d’histoire-géographie dans un lycée du Mans, utilise certaines chaînes YouTube comme matériel pédagogique. « Il y a plusieurs façons d’utiliser ces vidéos, elles peuvent être en introduction d’un cours magistral, à visionner après les cours pour aller plus loin, ou avant les cours, selon le principe de la classe inversée », détaille-t-il. Voici quelques chaînes que nous vous avons repérées :
Confessions d’histoire
C’est l’une des chaînes qui n’adopte pas le code YouTube du stand up filmé chez soi. Ici, ce sont des acteurs dirigés qui incarnent des personnages historiques tels que Jules César, Vercingétorix, Aliénor d’Aquitaine, etc. Le parti pris de l’auteur, Ugo Bimar, est celui d’une vraie websérie très inspirée par l’humour de Kaamelott et ses chevaliers bras cassés. Les monologues sont savoureux et les épisodes bien construits. Extrait d’un monologue d’Aliénor : « Pire qu’un moine ce Louis, nous dans le sud, on aime, la fête, la vie et le vin », lâche « lapeste » d’Aquitaine. Ou Louis VII, qui tente de récupérer sa belle avec cette phrase devenue mythique « Aliénor si tu reviens j’annule tout ! ».
Nota bene
Quel professeur a déjà évoqué en cours la vie privée des papes ? Peut-être un peu trop risqué, si l’on en croit cet épisode de Nota Bene : « les cinq papes les plus rock’n’roll de l’histoire ». Benjamin Brillaud, star des youtubeurs d’histoire, y détaille en effet la vie romanesque des souverains pontifes. On y apprend qu’Etienne VI (896-897) a intenté un procès à Formose, son prédécesseur qui avait la caractéristique principale d’être déjà mort… que Serge III (904-911) a eu une maîtresse de 13 ans, Marozia, ou que Jean XII (955-964), considéré comme l’un des pires papes de l’histoire, préférait faire la guerre et coucher avec les femmes de ses rivaux, de ses amis, sa nièce ou la compagne de son père.
Parlons Y stoire
Pour plus de sobriété, voici l’œuvre d’un professeur alsacien qui en plus d’enseigner l’histoire-géographieréalise des vidéos, comme autant de compléments audiovisuels de ses cours. Dans un registre plus classique que les autres youtubeurs d’histoire, Baptist Cornabas travaille sur une narration précise sur fond de cartes géographiques et vidéos.
C’est une autre histoire
La « réception de l’Antiquité » ne vous évoque rien ? « Non ne zappe pas ! », exhorte Manon Bril, la youtubeuse de 28 ans qui tutoie son « viewer », partage ses codes, sa langue et sa pop culture, pour lui expliquer comment les figures de la mythologie ont été réinterprétées au fil du temps. Cette doctorante à l’université de Toulouse innove en se filmant à l’extérieur devant des murs tagués et sur fond de hip-hop. Extrait de l’une de ses vidéos : « Cette fois-ci, c’est Aphrodite qu’on va relooker. Et on va commencer par casser certains clichés gnangnan sur la déesse, parce que l’amour OK, mais là c’est de cul dont il est question. Et même de violence. Bref, couchez les enfants et démarrez la vidéo ! »
On va faire cours
Un prof beau gosse, sorte de Frédéric Beigbeder aux cheveux mi-longs, chemise et veste cintrée, Monsieur Baf, n’arrive pas faire son cours parce qu’il est sans cesse interrompu par ses étudiants. Ainsi, un cours qui devait porter sur « la circulation des tissus peints du Pacifique en Normandie de 1748 à 1801 » se transforme en longue digression sur l’Ordre des Templiers, avec pour point de départ les gros arrangements avec l’histoire du film Benjamin Gates et le trésor des Templiers. Extrait : « C’est sûr qu’un moine en bure qui fait du fromage ça fait vachement moins rêver les scénaristes qu’un BG [beau gosse] en armure qui se bat au nom de Dieu ».